Horizons Verticaux


La musique que j’ai à l’intérieur de moi

 


Ce que je veux

Si je pouvais te demander, Seigneur, tout ce que je veux,
Alors tiens-toi prêt car j’ai beaucoup à demander!
Un jouet et un bocal où clôturer les doutes et les peurs.
Et un baromètre qui mesure mes humeurs
Quand il pleut dehors
Mais à l’intérieur on ne sait pas quel temps il fait.

Je voudrais tout mais
Je ne veux rien si ce n’est pas
Ce que tu veux pour moi
Oui, je voudrais tout mais
Si tout n’est pas possible
Fais-moi vivre bien ce que j’ai déjà

Si j’avais aussi un feu
Je pourrais décider sa couleur:
Rouge, quand je suis fatigué
Vert, quand j’ai envie de voyager

Et un bouton qui tout de suite
Supprime tout le bruit en moi-même.
Toi, donne-moi les réponses,
Moi, je pense aux questions
Et fais grandir mon cœur
Pour donner tout ce que j’ai

Je voudrais tout mais
Je ne veux rien si ce n’est pas
Ce que tu veux pour moi
Oui, je voudrais tout mais
Si tout n’est pas possible
Fais-moi vivre bien ce que j’ai déjà

Je suis comme un acrobate, sur le fil de la vie
Entre ce que je voudrais être et ce que tu voudrais pour moi
Où ce qui est difficile n’est pas de rester en équilibre
Mais de se jeter en bas

Je voudrais tout mais
Je ne veux rien si ce n’est pas
Ce que tu veux pour moi
Oui, je voudrais tout mais
Si tout n’est pas possible
Fais-moi vivre bien ce que j’ai déjà


Un jeune amoureux

(récitatif)

Un jeune homme était amoureux d’une étoile.
Il tendait les bras vers elle sur le rivage et l’adorait. Il rêvait d’elle et lui ; consacrait toutes ses pensées. Mais il savait, ou croyait savoir, qu’une étoile ne pouvait être embrassée par un homme. Il croyait que sa destinée était d’aimer sans espoir une étoile, et, avec ces pensées, il édifia tout un poème de renoncement, de souffrance muette, d’amour fidèle, qui devaient l’améliorer et le purifier.
Mais tous ses rêves étaient pleins de l’étoile. Une nuit, il se trouvait au bord de la mer, sur un rocher élevé, et contemplait l’étoile, tout consumé d’amour pour elle. Et, dans un instant de nostalgie extrême, il fit le saut et se précipita dans le vide au-devant de l’étoile.
Mais, au moment de sauter, il pensa encore, en un éclair : c’est pourtant impossible!
Et il vint se briser sur le rivage. Il n’avait pas su ce qu’est aimer.
Si, au moment de sauter, il avait eu la force de croire fermement à l’accomplissement de son désir, il eût volé jusqu’à l’étoile et se fût uni avec elle.
« L’amour ne doit pas prier, dit-elle, mais il ne doit pas exiger non plus.
L’amour doit être assez puissant pour devenir une certitude.
Alors, au lieu d’être attiré, il attire. »

Hermann Hesse, Demian


À une étoile

Nous nous cherchons
Partout dans l’univers
Nous nous rencontrons enfin
Dans quelque recoin disparu.

Car tu sais écouter cette voix,
Car tu parles quand tout se tait.

Étoile qui maintenant s’en va,
Comme une luciole dans le bleu,
Pense à moi, regarde-moi de là-haut
Je te suivrai le long de ton sillage,
Lorsque tu allumes le ciel de ma vie

Nous ne voyons jamais
D’horizons plus lointains,
Nous ne savons plus
Faire prier ces mains…
Étoile, tu es grande

Juste un peu plus qu’une graine,
Mais en toi est caché notre nom

Étoile qui maintenant restes,
Comme un phare dans le bleu,
Parle-moi, guide-moi de là-haut
Regarde comment ça marche ici,
Entre les hommes,
Et ce qui naît dans mon cœur,
Lorsque tu vas tomber.

Étoile qui maintenant s’en va,
Luciole dans le bleu,
Pense à moi, regarde-moi de là-haut
Je te suivrai le long de ton sillage,
Lorsque tu allumes le ciel de ma vie.


Dans tes bras

Berce-moi, Seigneur
Comme si j’étais un enfant fatigué,
Dans tes bras,
Et qui cherche l’amour
Et toi tu le lui donnes.

Regarde-moi, Seigneur
Avec ton sourire, tout de suite,
Fais-moi chanter la joie de la vie
Que tu me donnes.

Parle-moi, Seigneur,
Fais-moi croire que
La nuit la plus obscure
Passe quand je t’appelle,
Passe quand tu es près de moi.

Tu vois, Seigneur?
Au centre de mes pensées,
de mes préoccupations
Il n’y a pas seulement moi
Mais il y a tout un monde près de moi
autour de moi
qui attend dans les ténèbres,
qui t’appelle en silence

Berce-moi, Seigneur
Comme si j’étais un enfant fatigué,
Dans tes bras,
Et qui cherche l’amour
Et toi tu le lui donnes.

Parle-moi, Seigneur,
Fais-moi croire que
La nuit la plus obscure
Passe quand je t’appelle,
Passe quand tu es près de moi.

Tu vois, Seigneur?
Au centre de mes pensées,
de me préoccupations
Il n’y a pas seulement moi
Mais il y a tout un monde près de moi
autour de moi
qui attend dans les ténèbres,
qui t’appelle en silence

Regarde-moi, Seigneur,
Maintenant que je marche c’est déjà le matin,
Sur le chemin avec toi.


Dans le cercle

Bientôt finira l’illusion
De combattre mes défauts
Et ma fragilité.
Déjà demain va commencer,
Je signerai la paix
Entre moi-même et la réalité.

Et je me regarde seulement maintenant,
Je me regarde comme je suis vraiment,
Je m’aime moi-même comme tu m’aimes
Et à la fin je me pardonne.
Je cherche l’espoir car j’ai compris,
J’ai clôturé mon compte avec le passé.

Dans le cercle c’est mon présent,
Regards qui blessent, ils ne parlent pas de Dieu.
La chose la plus importante ce n’est pas de sortir
Mais de regarder en moi-même
Comme je ne l’ai jamais fait.

Ça ne fait rien si je reste ici,
Si quelquefois j’ai fui
Ça ne fait rien si je me rappelle toutes les blessures
Et je n’ai jamais oublié.
Tout recommence, maintenant je le sais
Car j’ai clôturé mon compte avec le passé.

Ça ne fait rien si j’ai peur,
Si j’ai été jugée
N’importe ce qui me reste
Ou tout ce que j’ai déjà donné
A l’intérieur du cercle ou en dehors de tous mes péchés
Quand j’ai clôturé mon compte avec le passé.

(récitatif)
Je suis enfermée dans un cercle, une espèce de cage
je ressens sur moi violence, condamnation, fureur
Armes bien plus terribles que les pierres et les roches:
les mots, les regards, le jugement, la loi.
Et lorsque la peur et le regret m’attrapent
un homme, en s’abaissant, écrit avec le doigt sur le sable.
Il me laisse aussi à l’intérieur du cercle, toute seule,
Mais il ne dit rien, pas de mots
presque indifférent au bruit de la cohue
il me met pour la première fois devant moi-même:
tout de suite je ne suis plus accablée par mes défauts
Je ne cherche plus à sortir, à fuir dehors
Je me vois d’une manière nouvelle et je rencontre vraiment
La femme que j’aurais voulu être mais que je n’ai pas été.
Et toi, qui écris encore dans le cercle de mes années
Pourquoi tu ne dis rien? Pourquoi tu ne me condamnes pas?

Ça ne fait rien si j’ai peur,
Si j’ai été jugée
N’importe ce qui me reste
Ou tout ce que j’ai déjà donné

N’importe le temps qui manque
Ou si je n’ai plus de souffle
Quand j’ai clôturé mon compte avec le passé.

Ça ne fait rien la douleur
Ce qui importe seulement
C’est combien j’ai aimé
Quand j’ai clôturé mon compte avec le passé.


Près d’un pont

Je suis né près d’un pont,
Je regardais la vie qui s’écoulait doucement
Et je cherchais à comprendre ce qui est mieux à faire
Dans le courant, se laisser trainer
Ou choisir enfin une direction.

Combien de soirs sur ce pont
Et les émotions sont tellement nombreuses
En regardant en arrière
Que c’est bizarre de voir comme il est loin
Le temps que je me rappelle comme si c’était hier…

Je voudrais être un pont
Pour aider beaucoup de gens
à se rencontrer et aller loin
Et scruter l’autre rive,
Si quelqu’un nous attendait
Pour aimer vraiment, sans peur.

J’habitais près d’un pont,
Dans un camp où je courais, avec le temps
Je comptais mes pas
Sans savoir encore que
je ne reviendrai jamais.

Sous ce pont s’est passé ma jeunesse,
En perdant l’inconscience et l’amertume
Comme l’eau qui s’écoule sans faire de bruit
Mais pas l’inquiétude et la douleur
Qui sont encore – par amour – mes fidèles amis.

Je voudrais être un pont
Où peuvent passer beaucoup de gens
Vers l’horizon, pour aller loin
Car la vie nous fait trembler
Et elle ne se laisse pas traverser
Si quelqu’un ne t’aide pas

Je voudrais être un pont
Pour aider beaucoup de gens
à se rencontrer et aller loin
Et scruter l’autre rive,
Si quelqu’un nous attendait
Pour aimer vraiment, sans peur.


Mais peut–être que

Qu’est-ce que tu cherches?
Qu’est-ce que tu attends de ma vie?
J’ai mille choses à faire
Et tous mes projets
J’ai besoin d’un peu de temps pour penser…

Mais peut–être que je joue un peu
Car je ne veux rien faire sérieusement
Mais peut-être que je dis non
Car j’ai peur de d’être déçu

Tu ne réclames pas
Cependant il n’y a nulle part où fuir
Quand tu me demandes ce que je veux.
Désormais je suis fatigué des demandes,
Je ne voudrais plus te répondre…

Mais peut–être que je joue un peu
Car je ne veux rien faire sérieusement
Mais peut-être que je dis non
Car j’ai peur de d’être déçu

Et chaque fois que je me repens de mes non
Je me dis que je pourrais bien risquer
Peut-être que c’est seulement un peu de peur, je ne sais pas,
Je me cache alors que je voudrais sortir

Mais peut–être que je réussirai
à te montrer ce que je suis vraiment
Mais peut-être que je dis non
Car j’ai peur que ce ne soit pour toujours


Je voudrais chanter

J’ai demandé à l’eau : parle-moi de lui,
Elle est devenue claire comme jamais avant
J’ai demandé à un arbre: parle-moi de lui
Et parmi les feuilles une fleur est née
J’ai demandé au feu : parle-moi de lui,
la lumière a surgi dans l’obscurité autour de nous
J’ai demandé à un homme : parle-moi de lui
Et il m’a dit seulement «Amour»

Je voudrais chanter
Toute la joie que tu me donnes maintenant
Je voudrais espérer
Que ta présence ne finisse jamais,
Que cette nostalgie
Tout de suite me quitte

Je voudrais chanter
Toute la joie que tu me donnes maintenant
Je voudrais espérer
Que ce temps ensemble ne finisse jamais,
Que ma vie
D’ores et déjà ne parle que de toi

Je t’ai demandé un jour: parle-moi de toi,
«Je suis la vraie vie, que ne meure jamais»
Je t’ai demandé alors: reste avec moi!
Et tu m’as donné ton pain.

Je voudrais chanter
Toute la joie que tu me donnes maintenant
Je voudrais espérer
Que ce temps ensemble ne finisse jamais,
Que ma vie
D’ores et déjà ne parle que de toi (x2)


Avis à la batellerie

Un carrousel de mots, un tourbillon qui m’entraîne à l’intérieur
Un besoin de t’appeler, de t’écrire parce que
Lignes après lignes, concises mais…
Beaucoup de smileys mais jamais ton vrai visage
Pourtant j’ai besoin de te parler aussi avec mes yeux
Et tu sais que je le ferai

Un message va vite, il traverse les montagnes et les villes
Vers une destination mais on ne sait ce qui t’arrivera
Sans ma voix qui tremble comme ça
Sans une ride qui dit oui,
Aussi quand tous les mots font semblant de dire encore non

Je me donne l’illusion que c’est comme si tu étais ici
Mais si je pense vraiment je ne sais pas
ce que je te dirais si tu étais ici, devant moi
Donne-moi les mots que je voudrais,
dont tu as honte ou que tu ne connais pas
qui parlent encore de nous-mêmes
Pour te montrer, comme tu es en vérité

Et je me perds dans le désert,
Parmi les solitudes que je trouve en moi
Moi, qui ai soif des mots
qui répondent vraiment à mes «pourquoi»
Comme une pluie qui tombe pour nous- mouiller,
Ces mots si tu les écoutes,
Après tous les efforts que j’ai faits
Pour les trouver en moi…

Lignes après lignes, concises mais…
Beaucoup de smileys mais jamais ton vrai visage
Pourtant j’ai besoin de te parler aussi avec mes yeux
Et tu sais que je le ferai

Ne me leurre pas, ne feins pas comme ça
Ne laisse pas les discours à moitié
Ne me cache pas la vérité,
Même si elle est tellement douloureuse
Fais-moi parvenir un message, qui m’ouvre
Une route de nouveauté,
Un avis aux navigateurs,
Seuls comme moi.

Un carrousel de mots,
Un tourbillon qu’il m’entraîne à l’intérieur…


Écoute, mon fils…

(Récitatif)


Une chanson comme Gaber

Pour celui qui attend le train juste dans sa vie
Mais n’est jamais entré en gare,
Stationné dans quelque bureau ou quelque café.
Pour celui qui regarde par la fenêtre une autre vie
dans une chambre qui n’a pas de fenêtres…

Pour celui qui dit que tout le monde
Ne pense qu’à soi
Et après s’en va parce qu’il a des engagements pressants
Mais tu n’es jamais l’un de ceux-là.
Pour celui qui se demande où va le monde,
Mais ne s’est jamais demandé où il va…

Je voudrais écrire une chanson comme Gaber
Belle, intelligente, avec une pincée de poésie
De sorte que quand tu as déjà ri ou applaudi
Après tu te demandes si elle ne parlait pas aussi de toi
De tes erreurs, de tes compromis,
De ton monde idéal qui n’existe pas

Et combien de fois j’effleure du doigt,
Comme les cordes tendues de ma guitare,
Les pensées et les émotions,
Comme les chats qui flânent sur mon cœur
Et qui sans rien dire partent.

Mais si je chantais une chanson comme Gaber
Libre, abrasive,  sans trop d’hypocrisie
De celles que tu chantes à tes amis
Mais enfin c’est seulement la tienne,
De celles dont tu penses : « j’y réfléchirai demain»
Cependant elle va creuser en toi…

Quand vient le soir et que je me retrouve seul,
Ta question me tient éveillé, me tourmente :
Qu’est-ce que Dieu veut de moi ?
C’est agaçant, comme un moustique d’été
Et son bourdonnement…


Petites traces

Le soir déjà décroît, il paraît que le jour se termine
Ou bien quelque chose d’autre est en train de commencer
Je relis dans la lumière qui brille dans tes yeux
les instants passés comme des vieux livres

Combien de moments échappés, dévorés par la hâte
Combien de pas perdus mais aussi de chemin fait
Les aiguilles-ciseaux coupent les heures
Tu as de moins en moins de temps pour faire ce que tu aimes

Ce jour est un sentier dans le temps
Où tu laisses des traces de toi
Avant que ce moment passe
Je me fais une place dans moi-même

Ainsi je viens vers toi, avec quelque jacassement dans ma poche,
Tout ce qui reste de beaucoup de gens rencontrés
Mais si je creuse plus au fond, je trouve des petites traces,
Des petites histoires à voix basse

Ce jour est un sentier dans le temps
Où tu laisses des traces de toi
Avant que ce moment passe
Je me fais une place dans moi-même

Je te retrouve dans le cœur de mes jours
Sur les sentiers de temps que tu connais
Et je t’attends quand tu pars et quand tu reviens,
Désormais je reconnais tes pas

Comme c’est bizarre de regarder à nouveau le jour passé
Et te trouver caché dans un coin muet
Ainsi tu donnes encore sens à un geste apparemment inutile
Et tout d’un coup un minute futile devient précieuse.